Une femme sur quatre reçoit un diagnostic de TDAH adulte après la naissance de son premier enfant. Ce chiffre, rarement mis en avant, bouscule l’idée reçue d’un trouble réservé aux garçons turbulents. Chez les mères, les signes passent souvent sous silence, camouflés derrière la charge mentale, l’anxiété ou le stress du quotidien. Il en résulte des parcours semés d’incompréhensions, des rendez-vous médicaux où l’on évoque tout sauf le TDAH, et des vies où l’on s’efforce de tout tenir sans jamais pouvoir nommer ce qui cloche. Repérer ces signaux, c’est ouvrir la porte à un accompagnement adapté, avant que la confiance en soi et l’équilibre familial n’en paient le prix.
Le TDAH chez les femmes et les filles : une réalité souvent méconnue
Le TDAH chez les femmes et les filles reste largement sous les radars. Les symptômes sont plus discrets, moins bruyants : l’agitation se fait intérieure, la distraction se fond dans la rêverie ou l’oubli ponctuel, et l’impulsivité se glisse derrière un sourire ou un perfectionnisme à toute épreuve. Le trouble déficit attention prend la forme d’une difficulté à organiser la vie courante, d’erreurs répétées ou d’oublis qui se perdent dans la routine familiale. Quand l’environnement tolère ces écarts, le trouble se fait oublier, du moins en apparence.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en France, près de 80 % des diagnostics de TDAH chez l’enfant concernent les garçons. Pour les adultes et surtout pour la femme adulte, il faut souvent attendre d’avoir traversé plusieurs tempêtes, échecs répétés, sentiments d’incompréhension, voire dépression, avant que le diagnostic n’émerge enfin. Résultat : nombre de femmes passent à côté d’un accompagnement qui pourrait transformer leur quotidien.
Beaucoup racontent une impression persistante de décalage, un sentiment de mal faire malgré leurs efforts, la sensation de courir sans jamais arriver à se poser. Jongler avec la vie quotidienne, le foyer, les enfants, le travail… Le trouble déficit attention hyperactivité épuise, fragilise, fait naître une culpabilité tenace et pèse lourd sur la santé mentale.
Voici quelques exemples concrets de ce que vivent beaucoup de femmes concernées :
- Difficulté à garder le fil lors de discussions ou en accomplissant les tâches domestiques
- Tendance à repousser les démarches administratives ou personnelles
- Irritabilité, sautes d’humeur ou impatience, souvent perçues comme une conséquence logique de la charge mentale
Chez les filles aussi, le tableau diffère : elles se montrent discrètes, anxieuses, perfectionnistes ou développent des stratégies de compensation qui détournent l’attention des adultes. Autant de signaux qui, non identifiés, retardent le diagnostic et compliquent la vie familiale et personnelle.
Quels signes doivent alerter une maman ou une fille ?
Des indices souvent diffus, rarement spectaculaires
Perdre le fil d’un échange en famille, oublier à plusieurs reprises les rendez-vous scolaires ou professionnels, se sentir dépassée par des listes de tâches pourtant familières… Chez une mère ou une fille, ces signaux ne sont pas anodins ni uniquement liés à la fatigue. Le TDAH chez une maman se traduit par des difficultés d’attention qui s’accumulent, et la gestion du quotidien devient un casse-tête, surtout lorsque la pression monte.
Voici les signes qui reviennent le plus souvent dans la vie de tous les jours :
- Désorganisation persistante, objets perdus, oublis à répétition
- Décrochages fréquents lors des conversations, difficulté à suivre jusqu’au bout
- Impatience, irritabilité, réactions émotionnelles imprévisibles
- Procrastination, projets commencés mais rarement terminés
La femme adulte concernée par un trouble déficit attention décrit souvent une agitation intérieure, une impulsivité difficile à canaliser, l’impression de ne jamais réussir à tout contrôler. Chez les filles, les symptômes sont plus subtils : rêveries, oublis à l’école, repli social ou anxiété. Ces signes TDAH chez les filles et chez les mères ne se traduisent pas toujours par de l’hyperactivité, mais plutôt par une fatigue chronique, un sentiment d’être éparpillée, une organisation qui dérape doucement mais sûrement.
Lorsque ces symptômes TDAH perturbent la vie familiale, scolaire ou professionnelle, et qu’ils pèsent sur la santé mentale, il devient urgent de leur accorder l’attention qu’ils méritent. Trop souvent, la charge mentale étouffe ces signaux d’alerte, repoussant encore la possibilité de reconnaître un trouble déficit attention hyperactivité chez les femmes et les filles.
Pourquoi le diagnostic est-il plus compliqué chez les femmes ?
La médecine a longtemps peint le TDAH avec des couleurs masculines : un garçon qui bouge trop, qui interrompt, qui ne tient pas en place. Pourtant, chez la femme adulte, les choses se présentent différemment. L’hyperactivité visible laisse la place à une distraction tenace, une difficulté à s’organiser, une inattention qui mine le quotidien. Beaucoup de filles et de femmes masquent ces difficultés : elles multiplient les efforts pour compenser, s’adaptent à l’excès, et finissent par s’épuiser dans la sphère familiale ou professionnelle.
Les critères posés par le DSM, la référence pour le diagnostic TDAH, ne prennent pas toujours en compte cette diversité. Résultat : le TDAH chez les adultes, surtout chez les femmes, échappe encore à la vigilance de nombreux professionnels. Les consultations s’orientent alors vers d’autres pistes : anxiété, dépression, burn-out. Pour avancer, il faut repérer ce qui distingue les signes cliniques féminins, souvent cachés derrière la charge mentale ou la honte de ne pas « tout assurer ».
Consulter un professionnel réellement formé au TDAH chez la femme fait toute la différence. Il s’agit d’explorer l’histoire personnelle, d’examiner les difficultés scolaires passées et la façon de gérer les impératifs du quotidien à l’âge adulte. Un diagnostic trop tardif empêche de bénéficier d’un accompagnement adapté et augmente le risque de troubles associés ou d’une atteinte durable à la santé mentale.
Des ressources et des pistes concrètes pour avancer au quotidien
Pour mieux vivre avec le TDAH lorsqu’on est maman, plusieurs leviers existent : accompagnement médical, soutien psychologique, adaptation des routines. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) offre de vraies pistes, plébiscitées par les spécialistes. Elle aide à limiter l’impulsivité, à structurer l’attention et à renforcer l’estime de soi. Les séances, qu’elles soient individuelles ou en groupe, sont conçues pour coller à la réalité des femmes adultes, souvent prises en étau entre responsabilités parentales et professionnelles.
L’organisation du quotidien peut aussi s’améliorer grâce à l’aide d’un coach spécialisé TDAH. On mise sur des listes claires, des rappels visuels, la simplification des routines. Ces outils réduisent l’impression de chaos, allègent la pression mentale et permettent de retrouver un peu de souffle. Le rôle de l’entourage est loin d’être négligeable : une famille ou des proches informés sur le trouble peuvent ajuster leurs attentes, limiter les jugements et soutenir dans les moments difficiles.
Le traitement médicamenteux reste une option, mais il n’est envisagé qu’après une évaluation sérieuse par un psychiatre ou un neurologue. Le suivi est attentif, surtout pour les femmes en âge d’avoir des enfants. Parallèlement, des associations mettent à disposition groupes de parole, ressources documentaires et ateliers pratiques. Elles offrent un espace pour rompre l’isolement, échanger des astuces et accéder à des informations fiables sur le TDAH adulte, ainsi que sur ses répercussions sur la santé mentale.
À chaque étape, reconnaître ces symptômes, c’est déjà commencer à reprendre la main sur son histoire. Pour beaucoup de mères, le diagnostic marque le début d’un nouveau chapitre : moins de culpabilité, plus de compréhension et, parfois, le soulagement de ne plus avancer seule face à l’invisible.


